Santé Montréal

 

 

Saviez-vous qu'au Québec, dans les départements de chirurgie, on compte 27% de femmes chirurgiennes? C'est l’hebdomadaire américain The New Yorker qui a récemment levé le voile sur cette grande disparité homme-femme en chirurgie. Sur la couverture de leur numéro d’avril, une illustration montrant quatre chirurgiennes penchées sur un patient a donné le coup d'envoi d'une campagne médias sociaux internationale, invitant les femmes chirurgiennes à publier, sur Twitter, des photos d’elles en salle d’opération en utilisant le mot-clé #ILookLikeASurgeon.

Au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), à l'initiative de la Dre Herawaty Sebajang, six chirurgiennes se sont prêtées au jeu. «Nous voulons montrer la fierté que nous éprouvons d'être chirurgiennes, et transmettre le sentiment de cette réussite professionnelle et personnelle aux jeunes femmes en leur disant que c'est possible! Nous avons une force de caractère, nous avons fait nos preuves et pris notre place. Nous voulons montrer une image positive».

Selon la Dre Herawaty Sebajang, plusieurs facteurs expliquent cette disparité en chirurgie. Les horaires variables avec de longues heures ainsi que les gardes de nuit et de fins de semaine, ne favorisent pas la conciliation travail-famille. «Avec les enfants, il faut avoir plusieurs "plans B". Lorsque mon conjoint ne peut s'en occuper, c'est les grands-parents qui sont mis à contribution ou la gardienne. Si aucun de ces plans ne fonctionne, les enfants m'accompagnent à l'hôpital! Ils sont habitués, ça fait partie de notre réalité».

Il faut beaucoup de persévérance et plusieurs années d'études pour devenir chirurgienne: 5 ans  de médecine, 5 ans de résidence en chirurgie et 2 ans de fellowship. «Il n'y a pas si longtemps, c'était rare de voir une résidente enceinte dans un programme de formation chirurgicale. Heureusement les mentalités changent et les modèles aussi. Les chirurgiennes mères de famille qui assument pleinement leurs deux rôles sont de plus en plus présentes. Elles sont une source d’inspiration.  Cette année, il y a 5 femmes sur les 8 finissants du programme de chirurgie générale de l’Université de Montréal.»

Au Québec, les disparités entre hommes et femmes en chirurgie sont moindres qu'ailleurs notamment en raison du mode de rémunération en vigueur dans le système public. Néanmoins, certains préjugés sont encore présents. «Par exemple, lorsqu'une chirurgienne se présente au chevet d'un patient avec un résident homme, on prend pour acquis que l'homme est le chirurgien.»

Exercer comme chirurgienne, n'est pas de tout repos, mais c'est aussi une profession très gratifiante. « Personnellement, je ne ferais rien d'autre au monde, c'est ma passion! »

Les chirurgiennes qui ont participé à la campagne #ILookLikeASurgeon représentent toutes les spécialités chirurgicales dans plus de 41 pays. Elles ont raison d’être fières de ce qu'elles ont accompli. Nous saluons leur persévérance et leur savoir-faire.

Les chirurgiennes qui ont participé à la campagne #ILookLikeASurgeonMerci à toutes les chirurgiennes du CHUM, notamment celles qui apparaissent sur la photo :
Dre Vanessa Samouelian, chirurgienne gynéco-oncologue
Dre Jocelyne Martin, chirurgienne thoracique
Dre Érica Patocskai, chirurgienne oncologue
Dre Marie-Ève Bolduc, chirurgienne orthopédiste
Dre Herawaty Sebajang, chirurgienne colorectale
Dre Béatrice Cormier, chirurgienne gynéco-oncologue

 

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Source : Centre hospitalier de l'Université de Montréal

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