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Sommeil et traumatisme crânien : le retour à un cycle éveil-sommeil normal va de pair avec le retour de la conscience à son environement

 

 

Une nouvelle étude publiée dans Neurology juste avant Noël apporte un peu de lumière sur le processus biologique complexe qu’est le sommeil chez les traumatisés crâniens. Il est connu de la communauté médicale que, lorsqu’une personne subit un traumatisme crânien de modéré à grave, son cycle éveil-sommeil est sérieusement perturbé, alors que s’entremêlent des périodes d’éveil et de sommeil de quelques minutes. L’équipe de Nadia Gosselin, professeure au Département de psychologie de l’Université de Montréal, vient de démontrer que le retour à un cycle d’éveil et de sommeil normal est étroitement lié au degré de conscience retrouvé de son environnement. Le cycle éveil-sommeil normal se définit comme un état d’éveil actif le jour et de sommeil la nuit.

«Cette étude contribue à mieux comprendre pourquoi les patients qui sont hospitalisés en raison d’un traumatisme crânien grave présentent des troubles du sommeil et de l’éveil importants. En effet, alors qu’on croyait que les troubles du sommeil et de l’éveil étaient principalement causés par l’environnement hospitalier et les médicaments, cette étude nous montre que les atteintes neurologiques et l’altération de l’état de conscience sont les facteurs qui expliquent le mieux ces problèmes du cycle éveil-sommeil», mentionne la D re Gosselin, qui est aussi chercheuse au Centre d’études avancées en médecine du sommeil de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal (CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal). «Toutefois, il n’est pas encore possible d’établir le type de relation entre le retour à un cycle éveil-sommeil normal et la reprise de conscience du patient: l’un influence-t-il l’autre ou est-ce une relation de cause à effet? Pour le moment, on l’ignore. Il faudra pousser les recherches plus loin pour le déterminer», précise l’étudiante au doctorat Catherine Duclos, première auteure de l’étude.

Le cadre de l’étude

Pour comprendre la dynamique de rétablissement du sommeil normal des traumatisés crâniens, l’équipe de la professeure Gosselin a suivi l’évolution d’un cycle éveil-sommeil de 24 heures chez 30 patients (22 hommes et 8 femmes) de 17 à 58 ans qui ont subi un traumatisme crânien de modéré à grave. Les sujets de l’étude ont été sélectionnés parmi les patients des soins intensifs de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal qui sortaient du coma. Plusieurs variables ont été contrôlées dans la sélection des sujets de l’étude. Par exemple, les patients qui avaient des problèmes neurologiques ou des troubles du sommeil préexistants ont été écartés.

Les chercheurs les ont suivis pendant leur séjour à l’unité de soins neurologiques. Ces patients avaient été victimes d’accidents de la route, de chutes ou d’accidents sportifs. L’équipe de recherche a observé que leur sommeil était très fragmenté et dispersé à travers le jour et la nuit. Les résultats de cette étude mettent en lumière que, lorsque le cerveau n’a pas récupéré suffisamment à la suite d’un traumatisme crânien grave, il est incapable de générer un cycle éveil-sommeil normal de 24 heures. De plus, ces observations indiquent que la qualité du sommeil de ces patients n’est pas suffisante pour assurer une bonne récupération du cerveau.

Le sommeil nécessaire à la plasticité cérébrale

On sait que la qualité du sommeil des patients hospitalisés n’est pas la meilleure qui soit. Pourtant, le sommeil est important pour la récupération, particulièrement dans les cas de blessures au cerveau. En effet, le sommeil est nécessaire à la génération de nouveaux neurones et à la plasticité cérébrale, c’est-à-dire la formation de nouvelles connexions entre les neurones. «Il est possible qu’il y ait un mécanisme sous-jacent commun à la récupération d’un traumatisme crânien et à l’amélioration du sommeil et c’est ce que nous devons découvrir, souligne Nadia Gosselin. Nous voudrions aussi étudier comment la lumière et le bruit ambiant des hôpitaux influent sur la qualité du sommeil des traumatisés crâniens afin d’établir des protocoles de soins tenant compte de ces variables pour un rétablissement optimal», conclut-elle.

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Source : CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal

              Université de Montréal

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