Santé Montréal

Service d'injection supervisée

Un service d’injection supervisée (SIS) est un endroit où les utilisateurs de drogues par injection peuvent venir s’injecter des drogues qu’ils apportent :

  • dans de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité;
  • sous la supervision d’un personnel qualifié;
  • en toute légalité.

S’inscrivant dans le continuum de service en dépendance, en santé mentale et en itinérance, les SIS sont un complément de l’offre de service actuelle dédiée aux personnes utilisatrices de drogues injectables et offrent une approche adaptées aux besoins de cette clientèle marginalisée qui fréquente peu les services du réseau de la santé et des services sociaux.

À Montréal, les SIS sont offerts conjointement par le réseau de la santé et des services sociaux, soit le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, et les organismes communautaires qui œuvrent auprès de la clientèle utilisatrice de drogues injectables depuis plusieurs années sur trois sites fixes et dans une unité mobile. Ils sont implantés dans les quartiers de Montréal où les personnes utilisatrices de drogue injectables sont les plus présentes.

Services d’injection supervisée à Montréal

Foire aux questions

Pourquoi mettre en place un SIS à Montréal?

Au cours des dernières années, les infections transmissibles sexuellement et par le sang, plus particulièrement l’hépatite C et le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), ont pris des proportions alarmantes chez les personnes utilisatrices de drogues par injection. Il s’agit d’une population parmi les plus vulnérables de notre société tant sur le plan de la santé que sur le plan social.

L’arrivée de nouveaux phénomènes depuis les 20 dernières années, comme la diversification dans le choix des substances injectées qui sont plus fortes et favorisent une plus grande dépendance, oblige également l’ensemble des acteurs qui interviennent auprès des personnes utilisatrices de drogues injectables à revoir leurs pratiques et à définir des stratégies adaptées aux besoins de cette clientèle.

Parmi les solutions proposées pour faire face à ces réalités, l’implantation de services d’injection supervisée est reconnue comme une mesure efficace. Les expériences vécues ailleurs dans le monde démontrent en effet les impacts positifs de ces services à la fois sur la santé publique et sur l’ordre public.

À qui sont destinés les SIS?

Les services d’injection supervisée ciblent de manière prioritaire les personnes utilisatrices de drogues injectables qui :

  • sont les plus marginalisées et dont les conditions de vie sont les plus précaires (itinérance, dépendance, problèmes de santé mentale, prostitution de rue);
  • présentent le plus de risques de succomber à une surdose, de contracter et de transmettre des infections transmissibles sexuellement et par le sang, plus particulièrement le VIH et l’hépatite C;
  • fréquentent peu les services de santé du réseau;
  • sont le plus susceptibles d’être à l’origine des tensions liées à l’occupation des espaces publics, à l’injection et à l’intoxication en public et aux seringues à la traîne.

Quels sont les avantages de la mise en place de SIS?

Pour améliorer la qualité de vie dans les quartiers

Les services d’injection supervisée permettent de réduire :

  • les seringues à la traîne;
  • l’injection en public;
  • les appels au 911 qui concernent des plaintes de citoyens liées à l’injection.

Pour améliorer la santé et le bien-être des personnes utilisatrices de drogues injectables

Les services d’injection supervisée permettent de :

  • joindre les personnes utilisatrices de drogues injectables les plus à risque, c’est-à-dire celles qui ne fréquentent pas les services de santé dits traditionnels, et leur offrir le dépistage, le traitement ainsi que l’accès à du matériel d’injection stérile;
  • prévenir les surdoses et les décès, entre autres, grâce à la présence de personnel en mesure de fournir une assistance rapide lors de complications;
  • réduire le partage de matériel d’injection (réduction du VIH et de l’hépatite C);
  • augmenter l’utilisation des services de désintoxication et de traitement de la dépendance.

Pour améliorer l’organisation des services

Les services d’injection supervisée :

  • sont un complément de l’offre de service actuelle dédiée aux personnes utilisatrices de drogues injectables;
  • permettent des références personnalisées vers les services en traitement de la dépendance;
  • permettent de diminuer les demandes de services ambulanciers et les admissions dans les urgences des hôpitaux grâce à une prise en charge des surdoses sur les lieux.

Par qui sont offerts les SIS?

CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Responsabilités :

  • Supervise l’injection et assume la gestion de l’ensemble des services offerts dans la salle d’injection grâce à la présence d’infirmières du réseau de la santé et des services sociaux dans tous les sites.
  • Coordonne l’implantation des services
  • Élabore un cadre de surveillance et de monitorage des services

Organismes communautaires CACTUS Montréal, Dopamine, Spectre de rue et L’Anonyme

Responsabilités :

  • Intègrent les services d’injection supervisée dans leur offre de service actuelle.
  • Continuent d’offrir les services actuels aux personnes utilisatrices de drogues injectables :

    • distribution et récupération de matériel d’injection,
    • référence vers d’autres services,
    • intervention psychosociale, etc.

Comment fonctionne le SIS?

Accueil / Enregistrement
  • Lors de sa première visite, l’usager rencontre un membre de l’équipe qui lui explique le fonctionnement du service d’injection supervisée, les services qui lui sont offerts, le comportement qu’on attend de lui, et les conséquences auxquelles il s’expose en cas de non-respect du code de vie.
  • Il doit fournir certains renseignements nécessaires et signer un formulaire de consentement relatif aux soins et au transport par ambulance en cas de complications médicales. Le service s’engage à respecter la confidentialité et la protection des renseignements personnels en tout temps.
  • Par la suite, et lors des visites subséquentes dans l’un ou l’autre des points de service, l’usager se présente au comptoir d’accueil où il fournit son code d’usager et informe le personnel des drogues consommées dans les 12 dernières heures et celles qu’il compte s’injecter sur place.
Salle d’attente / Salle d’injection
  • Si tous les espaces d’injection sont occupés, l’usager est dirigé dans la salle d’attente jusqu’à ce qu’une place se libère dans la salle d’injection. Une fois à l’intérieur de la salle d’injection, l’usager reçoit le matériel stérile et les conseils nécessaires pour qu’il puisse s’injecter lui-même en toute sécurité. Il bénéficie de l’espace pour une période d’une vingtaine de minutes.
Salle de soins
  • Avant ou après l’injection, l’usager à la possibilité d’accéder à la salle de soins, notamment pour des services d’évaluation et de traitement des infections, de dépistage ou encore de détection d’infections transmissibles sexuellement et par le sang.
Salle de répit
  • Après l’injection, l’usager est dirigé vers la salle de répit. Une courte période dans la salle de répit offre à l’usager une zone tampon entre le calme et la sécurité du service d’injection supervisée et le retour à l’extérieur. • Si une complication survient, l’infirmière peut évaluer la situation et intervenir selon les protocoles établis.
Sortie
  • Avant le départ des usagers du service d’injection supervisée, les intervenants ou les pairs aidant de la salle de répit font une dernière évaluation de l’état d’intoxication à l’aide d’une grille des critères de départ. Ainsi, à l’issue de cette prise de contact, une surveillance prolongée peut être offerte aux individus qui pourraient demeurer à risque de surdoses.

Quelles sont les mesures en place pour assurer le bon voisinage autour des sites?

Collaboration avec la police (SPVM)

  • Pour assurer la sécurité aux abords et à l’intérieur des services d’injection supervisée, les policiers continueront d’exercer leur mandat en matière de lutte aux drogues et à l’égard des personnes liées aux groupes criminalisés en incluant les alentours des services d’injection supervisée si cela s’avère nécessaire.
  • Comme c’est déjà le cas autour des sites de distribution de matériel d’injection actuellement en service, le trafic de drogues à proximité des sites ne sera aucunement toléré. Le flânage et les attroupements à l’extérieur seront découragés et les usagers seront invités à entrer à l’intérieur du site ou à circuler.
  • De plus, une surveillance de plusieurs indicateurs liés à la criminalité ainsi que des environs immédiats des sites seront effectuées par les policiers. Des échanges continus seront assurés avec les personnes chargées de la coordination des services d’injection supervisée afin de prévenir en amont ou éviter les situations problématiques découlant de la cohabitation. Ainsi, toute observation de nouvelles tendances en lien, par exemple, avec des actes répréhensibles fera l’objet d’une communication, de part et d’autre, pour s’assurer qu’une intervention rapide, concertée et efficace soit orchestrée en vue d’un changement.

Mesures pour assurer une cohabitation harmonieuse

  • La présence d’un code de vie auquel les usagers doivent se conformer lorsqu’ils fréquentent le service d’injection supervisée. Ce code inclut des règles interdisant toute forme de trafic, de sollicitation et de violence sur les lieux ou aux abords des sites.
  • Les comités « bon voisinage », un mécanisme reconnu comme efficace en médiation sociale afin de régler les litiges et favoriser la cohabitation. Ces comités incluent notamment la participation de résidents et de commerçants voisins des lieux de services.
  • Tournées quotidiennes de ramassage de seringues et d’autre matériel lié à l’injection aux alentours des sites par les employés des services d’injection supervisée.
  • Des bacs de récupération de seringues sont également fixés aux murs des organismes communautaires au sein desquels sont offerts les services d’injection supervisée.

Monitorage et surveillance

  • Le déploiement des services d’injection supervisée sera aussi accompagné d’un plan de monitorage et de surveillance qui permettra également de suivre l’implantation dès la première année et d’ajuster les modalités au besoin.

Pourquoi les SIS doivent-ils bénéficier d’une exemption pour fonctionner?

Pour qu’un service d’injection supervisée puisse être mis en place, l’établissement responsable de la supervision de l’injection doit obtenir une exemption de Santé Canada en vertu de l’article 56 de Loi règlementant certaines drogues et autres substances (LRCDAS).

L’exemption concerne la possession et le trafic de drogues à l’intérieur des sites choisis comme lieux d’injection supervisée. Elle assure par le fait même la protection des usagers, du personnel et de l’établissement contre les poursuites éventuelles.

Pour nous joindre

CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Service à la population
Du lundi au vendredi : 8 h 30 - 16 h 30
Courriel : info.ccsmtl@ssss.gouv.qc.ca
Tél. : 514 842-7226

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